L'ombre comme matière vivante
Mes tableaux sont visités par la lumière. Mon travail consiste à la domestiquer pour développer mes idées. Les ombres qu'on y découvre ne sont pas peintes : elles sont vivantes, engendrées par des épaisseurs, des superpositions de cartons, de verre ou de plexiglas éloignés du fond. La lumière est naturelle ou provient de projecteurs ; elle peut même être intégrée au tableau grâce à des diodes luminescentes.
Au fil des années, la lumière est devenue ma partenaire privilégiée. Je m'en sers comme d'un révélateur : elle magnifie chaque chose, créant les ombres et les reflets les plus inattendus.
Ici, chaque œuvre est pensée comme une porte ouverte sur un univers singulier.
Entre obscurité et éclat
Ici, l'ombre n'est pas un simple négatif : elle devient matériau, volume, présence. Les formes apparaissent, disparaissent, se devinent, se révèlent selon la place que choisit le spectateur pour regarder le tableau.
Ce qui m'anime, c'est ce point d'équilibre : ni trop de lumière, ni trop de noir, mais le lieu intermédiaire, celui de la transition, du tremblement. C'est dans ce va-et-vient que se joue la force d'une œuvre.